Elections 2012 : dans les starting-blocks ?

La campagne pour le 1er tour des élections présidentielles touche à son terme. Commencée sous la forme d’un mauvais vaudeville à New-York, elle s’achève dans une cacophonie où la petite phrase le dispute à la guerre des statistiques.

Peut-être est-ce tout ce bruit qui doit constituer une campagne ? Depuis 1945, la droite a travaillé l’opinion publique en proclamant que la lutte des classes était morte jusqu’à obtenir l’effet escompté du « Moi, je m’en fous, je n’y comprend rien ! » La gauche en produisant une agitation incompréhensible a connu ses démagogues, ce que les romains nommaient les Tribuns de la Plèbe, sollicitant le suffrage en promettant le grand soir avant de claironner : « Le politique ne peut pas imposer à l’économie ! » Dès lors il ne s’agit plus de soulever l’enthousiasme mais d’obtenir des suffrages comme d’autres collectionnent les contacts sur de célèbres réseaux sociaux. Aussi la campagne est à l’image de l’électorat : indigente.

Bien sûr il y a les autres, les trompettes de la renommée allant du programme anarchiste (un oxymore ?) au totalitarisme froid dont la seule ambition est d’opposer une minorité à une autre et à se repaître de bains de sang. Un peu court pour une utopie, un espoir ou, plus modestement, pour changer la vie.

Dès lors la question n’est plus de savoir qui propose un projet d’avenir, les programmes se stéréotypant pour complaire à telle ou telle branche de l’électorat, mais de savoir qui fera la politique la moins désastreuse. Encore que cette notion présente un caractère relatif selon l’angle depuis lequel est considéré ce que doit être une bonne politique. Un homme égale une opinion, n’est-ce pas ?

Aussi se complaît-on à commenter par comparaison les sondages des différents scrutins comme si là siégeait la solution aux problèmes de la nation. J’appelle cela le degré zéro de la politique.

Néanmoins, et pour ne pas être taxé de pessimisme, je m’évertuerai à retrouver le chemin de mon bureau de vote adoré pour tenter d’apporter un vote plus utile que celui des tripes ou de la colère. Sans illusion ni enthousiasme.

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A propos cafournieau

Un cafournieau, dans les anciens langages provinciaux, désigne une grange, un fourre-tout, un débarras. C'est un lieu où l'esprit redécouvre, sous la poussière des ans, des curiosités, des trésors dont la matière est celle des rêves.
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